dissabte, 5 de juliol de 2008

LLEGIT A LE MESSAGER

Dans les secrets du mortier-pilon

La modernisation, à en croire certains fins gourmets, est comparée à un massacre de notre art culinaire traditionnel. La pierre à écraser, le mortier-pilon, ne trônent plus dans nos cuisines. Les mixeurs et autres produits du modernisme de l’homme blanc sont très valorisés dans les ménages modernes. Ce qui permet de gagner en temps dans la préparation des repas. “ Le modernisme a donné des idées à quelques civilisations urbaines pour la cuisson des mets. Toutefois, la symbolique mortier-pilon ne sera dépassée dans notre art culinaire traditionnel. Un bon taro et macabo pilé-légume doivent être le fruit de cette symbolique dans notre terroir ”, confie un patriarche.Dans l’Ouest profond, la dynamique mortier-pilon, depuis la nuit des temps, est indéniable dans notre art culinaire traditionnel. Une fille qui va en mariage est considérée comme mature et responsable. Aux rangs des gadgets à lui octroyés par ses parents, figurent en bonne place la pierre à écraser et le mortier pilon. Dans son ménage, sur le plan gastronomique, la joie de vivre, doit se manifester autour d’un plat de taro ou de macabo-pilé légume, selon les régions. Quand on sait que le premier est très prisé dans les départements des Bamboutos et le second dans celui de la Menoua. Un de ces mets, digne, honorable doit sortir d’un mortier et non d’un moulinex. Mais, les connaisseurs savent faire le distinguo et leur sanction est sévère, vis-à-vis des profanatrices de la tradition qui délaissent la symbolique mortier-pilon. Pour se livrer à la facilité du blanc. Signe d’attachement aux originesDans un mortier, le contact des différentes pâtes avec le bois et la rotation circulaire du pilon seraient responsables du goût original que les amateurs de ces plats leur reconnaissent. La pierre à écraser permet de moudre avec précision certains aliments qu’une machine à écraser ne l’aurait fait. “ Par exemple le bourgeon principal du macabo cuit, nécessaire à la préparation de la sauce du taro (jaune ou liquide sans ajout d’huile, recommandée pour ceux qui ont des difficultés d’élimination) doit être moulu sur une pierre à écraser. Son contact avec une machine à écraser donne une pâte liquéfiée incommode pour cette sauce ”. Confie une ménagère.Le mortier, tout comme le pilon, est fabriqué à partir des essences végétales tirées de nos forêts. Selon les artisans, l’arbre de choix est le sapelli, car son bois est d’une homogénéité incontestée. “ Un mortier et un pilon fabriqués à partir de ce bois ont une durée de vie très longue. Au fur et à mesure qu’ils se dessèchent, ils ne portent pas de craquelures. Le mortier est très résistant aux assauts du pilon appelé à écraser les aliments. Ceux qui sont fabriqués à partir d’autres espèces végétales comme l’arbre qui porte les fruits communément appelés les fruits noirs, sont de mauvaises qualités. Sous une chaleur intense, ils se fendillent. Ces variétés abondent sur nos marchés locaux et coûtent moins cher que les premières. Avis aux consommateurs. ” Confie un artisan. Ils sont unanimes qu’ils se ravitaillent en sapelli chez les commerçants qui font la ligne de la province de l’Est.

Par Azap Ndongo
Le 03-07-2008