dimecres, 11 de juny de 2008

Llegit a Le messager

Grâce présidentielle
74 jeunes sur 466 libérés à Douala
Ils attendaient ce moment depuis le 20 mai dernier. Ce jour-là, le président de la République prend un décret graciant les jeunes camerounais condamnés à des peines d’emprisonnement ferme allant de 4 mois à 2 ans, du mouvement populaire de revendications sociales qui a embrasé le Cameroun à la fin du mois de février 2008. Depuis lors, 466 condamnés détenus à la prison centrale de New Bell attendaient avec une grande impatience l’application du texte présidentielle. C’est fait depuis hier, mardi 10 juin. 74 prisonniers ont été libérés. La cérémonie de leur élargissement s’est déroulée dans la cour principale de la prison de New bell. Mohamadou Bachirou, sous-préfet de l’arrondissement de Douala II, le délégué provincial pour l’Administration pénitentiaire et le régisseur de ce pénitencier ont remis à tour de rôle le bulletin de levée d’écrou aux prisonniers concernés selon les dispositions de la loi n° 2008/174 du 20 mai 2008 accordant ces remises de peines aux manifestants. « A vous qui redevenez des hommes libres, sachez tirer le maximum de leçons de ce qui vous est arrivé. Evitez de vous retrouvez dans de situations pareilles. Le Cameroun est un Etat de droit et tous ceux qui vont enfreindre les règles édictées verront la justice à leurs trousses. Rentrez dans vos familles respectives et conduisez vous dorénavant comme des citoyens modèles… », leur conseille le sous préfet. Pour tous ceux qui n’ont pas bénéficié de la mesure présidentielle, Mohamadou Bachirou prône la patience. Dans la même lancée, Tsala Amougou, le régisseur, a exhorté les prisonniers libérés à tout mettre en œuvre pour ne plus retourner en prison. Pour le régisseur, seul un homme libre peut véritablement réaliser ses ambitions. Tasafack Pierre Roger, tout comme ses copains libérés, ne se le fait pas dire deux fois. « C’est un jour nouveau qui se lève pour moi. J’étais un innocent injustement condamné. Maintenant que je suis libre, je vais me battre pour ne plus y retourner. D’ailleurs, je ne vois pas un individu normal qui aspire à faire de la prison son domicile. Surtout pas à la prison de New Bell avec sa promiscuité, ses maladies et autres… », jure ce mécanicien qui exerçait du côté de Village, un quartier de Douala. Selon le régisseur de la prison de New Bell, sur les 576 jeunes arrêtés dans le cadre des émeutes de la fin du mois de février 2008, 110 ont été relaxés lors des audiences, 466 ont été condamnés parmi lesquels 245 ont interjeté appel. 221 personnes sont donc concernées par la grâce présidentielle. Les 74 personnes libérées hier mardi ont déjà payé leurs amendes. 147 autres prisonniers seront aussi élargis une fois qu’ils se seront acquittés de leur contrainte par corps (paiement des amendes).
Léopold Chendjou