dimecres, 5 de desembre de 2007

Quand l’aide européenne appauvrit

Des réseaux de l’Eglise catholique évaluent l’application des politiques d’aide de l’Union européenne dans les pays pauvres. Les auteurs du rapport sur : l’empreinte de l’Ue dans le sud : la coopération au développement de la communauté européenne fait-elle une différence pour les pauvres ?précisent d’entrée de jeu le but de cette publication. “ Le but de ce rapport est d’aider à combler le manque d’information sur l’impact de l’aide de la CE [Commission européenne, ndlr] dans l’intérêt des décideurs et des citoyens européens, ainsi que des gouvernements, parlements et de la société civile dans les pays en développement ”, précise le préambule. Il est aussi question de savoir si les “ politiques vertueuses ” du bailleur de fonds qu’est l’Union européenne sont concrétisées. Les politiques de l’Ue ambitionnent la réduction de la pauvreté et la réalisation des Objectifs de développement du millénaire (Odm). Pour cela, les documents de stratégie de coopération de l’Ue se basent sur les Documents de stratégie de réduction de la pauvreté (Dsrp). Mais, “ dans plusieurs cas les Dsrp sont considérés comme étant imposés par les donateurs au lieu d’être conçus au niveau national. Par ailleurs les secteurs choisis reflètent souvent les intérêts de la CE […] Aucun indicateur CE ne correspond précisément à ceux des Dsrp quand il y en a ”. Le rapport note un déficit de dialogue avec les acteurs non étatiques, de même qu’il y a une faible implication des parlements dans les politiques budgétaires. Car les discussions sur les budgets entre les gouvernements et les bailleurs de fonds précèdent l’intervention des parlementaires. Les gouvernements sont les seuls interlocuteurs de la CE. Elle limite son intervention à la gestion des finances publiques.
Stagnation et régression
Le rapport évoque les progrès de l’aide européenne, mais souhaiterait que “ ces précieuses ressources fassent une différence visible dans la vie des gens vivant dans la pauvreté ”, car “ le changement est possible ”. Les rapporteurs ont étudié l’impact réel de l’aide européenne dans six pays pauvres : Bangladesh, Cameroun, Zambie, Éthiopie, Guatemala et Nicaragua. “ Sur les six pays étudiés, un seul – le Bangladesh – a vu la réduction de la pauvreté progresser alors que celle-ci a stagné ou même régressé dans les autres pays […] Les citoyens des pays en voie de développement et les contribuables européens attendent que l’aide au développement fasse une différence pour ceux qui vivent dans la pauvreté ”. Non seulement cette générosité, selon le rapport, tarde à produire des effets auprès des couches défavorisées, mais en plus, elle est intéressée, parce que “ la CE n’est pas un financier neutre et a de nombreuses politiques claires sur les normes de comportement qu’elle attend des gouvernements ”. Le rapport ne nie pas les progrès de laide européenne en terme d’efficacité. Mais, “ l’aide communautaire doit faire l’objet de changements significatifs si elle veut avoir des effets plus rapides et plus durables sur l’avenir des peuples vivant dans la pauvreté ”.Ce rapport est produit par Caritas Europas, la Coopération internationale pour le développement et la solidarité (Cidse) et des organisations partenaires des pays étudiés. Leur partenaire au Cameroun est le Bureau des activités socio caritatives (Basc Caritas) de la Conférence épiscopale nationale du Cameroun qui a contribué à la collecte des données.
Par Christian LANG Le 05-12-2007