divendres, 16 de novembre de 2007

370 millions de Fcfa pour les communautés rurales


Le Pnud et le gouvernement ont remis des subventions financières à 93 groupements d’initiative commune (Gic).

Madame Amougou Augustine Bernadette est la présidente du Gic des agriculteurs et éleveurs de Mehandan par Mfou. Cette femme rurale, comme plusieurs autres, est confrontée à plusieurs difficultés. Le manioc que les femmes de cette région produisent est transformé de façon artisanale. “ Nous avons beaucoup de difficultés pour faire les bâtons de manioc, par manque du matériel de transformation. On pile le manioc dans les mortiers ”, raconte-t-elle. “ Nous n’avons pas de tracteurs pour faire de grands champs. Nous n’avons pas de tronçonneuses ; nous abattons les arbres à la machette ”, ajoute-t-elle en précisant que le transport des vivres est une tâche laborieuse, vu le poids de l’âge de certaines femmes rurales. Parlant de l’élevage de la volaille et des porcs, elle évoque des difficultés de plusieurs ordres. Les éleveurs n’ont pas de moyens pour construire les enclos ; les bêtes divaguent. La nutrition est approximative. “ On pile le pkwem [feuille de manioc, Ndlr], on mélange au manioc et on leur donne ”, nous avoue-t-elle. Le suivi sanitaire est dérisoire. Conséquence : les porcs “ meurent souvent ”.Abolo Akono Emmanuel est le délégué du Gic Epae à Endom dans le Nyong et Mfoumou. Ce regroupement est spécialisé dans l’élevage du porc. Les paysans de cette région font aussi face à des difficultés dans leurs activités pastorales. “ Notre élevage est traditionnel ; on élève des porcs de race locale qui vivent en divagation dans les villages. Le rendement est médiocre parce que les porcs sont mal nourris. Il n’y a pas de contrôle sanitaire ”, affirme-t-il.

Financement

En recevant des subventions du Programme des Nations unies pour le développement, mercredi 14 novembre 2007 à Yaoundé, les populations projettent aplanir les difficultés pour un meilleur rendement. “ Cette subvention va nous aider à acquérir des races améliorées de porcs, de les élever dans des porcheries réglementaires ”, promet Abolo Akono Emmanuel du Gic Epae. Ces Ong entendent investir les fonds dans plusieurs projets : la construction d’une porcherie communautaire ; l’acquisition du matériel tant pour l’élevage que pour l’agriculture. Mvie François du Gic Caviva, qui encadre les vanniers à Awae, partage la même préoccupation. “ On va utiliser cet argent pour l’achat du matériel ”, dévoile ce paysan spécialisé dans la fabrication des chaises en rotin et en maracas.Ces subventions, d’un montant de 370 millions Fcfa, ont été remises aux 93 Gic sélectionnés mercredi 14 novembre 2007 à Yaoundé lors de la cérémonie officielle de contractualisation des groupements d’initiative commune bénéficiaires des financements Ppte dans le cadre du sous programme de réduction de la pauvreté de base. Elle était présidée par la représentante résidente du système des Nations unies au Cameroun, Sophie de Caen, et le ministre de l’Economie, de la planification et de l’aménagement du territoire, Louis Paul Motaze. Si les communautés rurales, affectées par la pauvreté, “ ont tendance à souffrir du manque d’accès aux opportunités sociales et économiques ”, comme l’affirme Sophie de Caen, les bénéficiaires de ces financements non remboursables doivent devenir “ des ambassadeurs de la lutte contre la pauvreté ”, comme l’a prescrit Louis Paul Motaze. Il est surtout question de sortir “ du spectre ambiant de la pauvreté ”, selon son vœu.
Par Christian LANG Le 16-11-2007